L’addiction au porno (ou porno dépendance) est une forme d’addiction sans substance liée à un comportement : la consommation incontrôlée de pornographie et par là même, la masturbation. En effet, la masturbation est la finalité de la pornographie.

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Comment on devient addict au porno

Ce qu'il faut savoir sur l'addiction à la pornographie et la masturbationLa dépendance à la pornographie est une addiction comportementale. Elle passe, comme l’addiction à des produits par : une phase de découverte, une phase d’accoutumance, une phase d’abus.

La découverte de la masturbation puis de la pornographie

La découverte de la pornographie a lieu en général à l’adolescence. On découvre son corps et sa sexualité avec la masturbation, les premières éjaculations. L’autre attire, le corps est en émoi et les hormones titillent fort. Puis le porno attire par curiosité. On regarde, juste pour voir. Pour savoir. Tout ce qui est érotique contribue à cet intérêt.

Les témoignages d’accros au porno regorgent de descriptions de la phase de découverte.

La phase d’accoutumance

La masturbation, le plaisir facile de l’orgasme auquel on aboutit en se frottant le sexe devant des images érotiques vont produire une vraie habitude de consommer des films X : allumer son ordinateur le matin pour visionner une ou plusieurs séquences pornographiques ou des photos de nus de « soft porn », prendre l’habitude de ne pas pouvoir s’endormir sans voir du porno. De nos jours, cette phase est rapidement d’actualité de par la facilité déconcertante d’accès à de la pornographie. Dans son salon, sa chambre, depuis son téléphone… Là où il fallait auparavant se déplacer pour acheter un magazine, il suffit maintenant d’un seul clic ! Il n’y a plus de limites.

La phase d’abus

La phase d’abus de pornographie est progressive. Le consommateur de pornographie va progressivement monter les doses par accoutumance et par excitation de la nouveauté. Le porno dépendant va avoir maintenant besoin de séquences de plus en plus fantasmatiques (partenaires multiples, pratiques avec lesquelles il n’adhère pas dans la « vraie vie »…). Et va finalement s’accoutumer à ses abus. Le dépendant en arrive à ce qu’on appelle la compulsion : une sorte de boulimie de pratique masturbatoire, une dépendance physique aux hormones qui circulent dans le cerveau (adrénaline, dopamine et endorphine). Il se masturbe alors qu’il n’en a pas la volonté, dès qu’une pulsion se présente ou au moindre début de stimulation.

Pornographie et masturbation sont intimement liées. Rares sont ceux qui regardent du porno sans se masturber. L’addiction à la masturbation existe aussi. Elle conduit souvent à utiliser un support pornographique et se combine donc ainsi avec la porno dépendance.


Comment prendre conscience de son addiction ?

Le moyen le plus sûr pour prendre conscience de son addiction et de savoir si l’on est toxicomane du sexe est d’essayer de limiter le comportement et d’analyser les résultats perçus. Tant personnellement que par l’entourage. Y a-t-il compulsion ? L’attachement est-t-il sévère ? Cette limitation engendre-t-elle un stress ou un malaise personnel ?

Si l’on n’essaye pas de mesurer l’accoutumance pour ensuite se lancer dans une démarche de sevrage, on peut rester longtemps bloqué au stade de la porno dépendance qui nous réduit à nos pulsions !


Qui sont les addicts au porno ?

Qui sont les accros au pornoÇa peut être vous, vos voisins, votre patron, votre médecin, votre garagiste. Bref, tout le monde peut être concerné par la dépendance. Sans aucune distinction de catégorie sociale ou d’âge. L’addiction à la pornographie et à la masturbation est susceptible de concerner tout le monde !

Je le vois dans les commentaires qui me sont faits, les messages qui me sont envoyés : pas de discrimination.

Les hommes ont plus tendance à y venir facilement que les femmes pour des raisons physiologiques : le désir est toujours là, pas de répits, pas de (méno)pause. Mais elle peut concerner vraiment tout le monde ! Nombre de femmes tombent aussi dedans, step by step.

Les accros sont souvent poly-dépendants. La règle en matière d’addictions est la poly addiction : elle relève d’une difficulté à gérer le système hormonal de la récompense. On se retrouve alors alcoolique, drogué au travail, cyberdépendant, accro à la nourriture.


Quels sont les symptômes de l’addiction à la pornographie ?

Si vous vous posez la question pour vous, faites le test : êtes-vous porno dépendant ?

Si vous vous posez la question pour un proche, c’est moins facile à cerner. La personne qui souffre d’addiction à la pornographie continue à vivre normalement en apparence. Vous trouverez peut-être :

  • des mouchoirs suspects près du lit,
  • des recherches d’isolement récurrentes,
  • des photos érotiques ou pornographiques sur l’ordinateur ou dans la corbeille,
  • des factures de téléphone exorbitantes,
  • des retraits bancaires inexpliqués,
  • des périodes d’irascibilité inexpliquées du fait de la honte de soi,
  • des pertes de confiance en soi,
  • l’incapacité d’avoir un rapport sexuel complet (troubles érectiles, éjaculation précoce…)
  • une volonté de toujours, toujours, tou-jours faire l’amour,
  • ou au contraire un désintérêt apparent dans le domaine sexuel.

Attention, cette liste est à prendre avec des pincettes car pris un par un, ces critères ne veulent rien dire !

Il faut parler, ne pas juger trop vite, avoir une bonne capacité au dialogue pour arriver à parler de cette dépendance dans un couple.


Peut-on parler de drogue, de dépendance, d’addiction ?

Les symptomes de l addiction au pornoLes experts en psychologie et en addictologie ne s’accordent pas tous sur le sujet. Dépendance, drogue, trouble addictif ? Peut importe finalement, il suffit de constater que vous avez du mal à vous défaire de la pornographie alors que vous le voulez vraiment pour conclure qu’il y a un problème grave : quelque soit le nom que l’on donne à ce phénomène (drogue, dépendance, déprime, addiction…).

La volonté doit jouer son rôle. Le sevrage doit permettre de retrouver sa liberté psychique et sexuelle.

Pour faire simple, l’addiction à la pornographie n’est pas forcément une maladie. C’est d’abord une souffrance personnelle de ne pas arriver à se contrôler et à consommer ce qu’on ne veut pas (ce que l’on appelle le craving). C’est un phénomène qui altère la liberté de choisir de ne pas agir d’une certaine façon.

 

Usage excessif ou addiction ?

Il s’agit d’un usage excessif avec perte de liberté et souffrance personnelle due à l’incapacité de se maîtriser (les rechutes permanentes).


Quelles formes peut prendre l’addiction sexuelle ?

En général, tous ceux qui sont addict au sexe « réel » (les sex addicts) sont passés par une phase d’addiction à la pornographie.

Il n’existe pas une seule sorte de dépendance mais différents types d’addictions sexuelles dont la porno dépendance est une forme. Certains seront accros :

  • aux histoires érotiques,
  • aux vidéos pornographiques (classées par « tags »),
  • aux boites et sites de strip-tease (cam),
  • aux chats sexuels,
  • aux sites de rencontres,
  • aux clubs libertins,
  • aux « plans culs »,
  • à la prostitution,
  • etc.

La personne dépendante au porno peut avoir besoin de sa dose d’hormones :

  • n’importe où (au travail, dans les transports, à l’hôtel…),
  • n’importe quand (le jour, la nuit, sans raison particulière),
  • parfois avec n’importe qui (pour les accros au sexe réel dont les mécanismes sont bien décrits dans le livre Les sex addicts).

Quels sont les effets de l’addiction au porno ?

Le premier est un isolement psychologique. La honte de soi et la culpabilité isole et fait que l’on se dévalorise à tort. Ensuite, l’accoutumance aux images sexuelles régulières réduit la femme et l’homme à ses parties génitales. Le porno dépendant n’est plus libre de son regard dans la rue, au travail, bref, en société. Les pulsions sexuelles sont perpétuelles à cause des films X.

Voici d’autres effets possibles :

  • perte du goût des choses simples,
  • absence au moment présent,
  • troubles érectiles,
  • difficulté à se maitriser sexuellement (éjaculation précoce),
  • irascibilité,
  • pensées et fantasmes à caractère sexuel permanents,
  • isolement et dégradation du dialogue dans le couple, dans la famille,
  • attirance vers des pratiques de plus en plus extrêmes ou déviantes,
  • dans les cas les plus extrêmes, pensées suicidaires.

Bref, tout ça peut aller loin. Mais en se donnant des moyens simples et concrets, il est possible de sortir de la dépendance sur le long terme. C’est-à-dire de retrouver sa liberté intérieure et de (ré)apprendre à maîtriser sa sexualité, ses désirs, ses pulsions.

C’est long mais il n’est jamais trop tard.


Pour aller plus loin

Avant j'étais accro au porno : rompre avec l'addiction à la pornographie

Partage, de près ou de loin tous sont concernés !
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