On en a tous un, plus ou moins bien fichu, plus ou moins rapide, certes, mais on en a tous un. Les scientifiques n’ont pas encore  compris exactement comment il marchait tellement la machine est complexe… Je parle bien sur du cerveau ! Petite explication succinte de son fonctionnement chez les accros à la pornographie.

Une vision schématique

Un neurobiologiste, Paul McLean, en a proposé une vision synthétique dans les années 70. Sa théorie repose sur une structure en trois couches qui correspondent à 3 stades de l’évolution. Du plus « ancien » au plus « récent », il distingue :

  • Le cerveau reptilien ou paleo-cortex,  notre cerveau primitif. Il serait issu de la période où les poissons sont sortis de l’eau.
  • Le cerveau limbique ou cortex,  apparu avec les premiers mammifères. Il est dévolu notamment aux principaux comportements instinctifs, à la mémoire, aux émotions et déclenche les réactions d’alarmes du stress.
  • Le cerveau « intelligent » ou néo-cortex, permettant la réflexion abstraite, le langage, l’anticipation.

Cette modélisation simple est aujourd’hui controversée, mais elle va nous aider à comprendre schématiquement comment nous fonctionnons et comment fonctionne la dépendance.

Le cerveau reptilien

Le cerveau reptilien serait donc notre premier cerveau. Certains le considèrent plutôt comme le haut de la colonne vertébrale tellement il est enfoui en profondeur dans la boîte crânienne. Il assure la survie de l’individu et de l’espèce dont notamment :

  • les fonctions vitales de l’organisme comme par exemple la respiration, le rythme cardiaque,
  • la satisfaction de nos besoins primaires comme l’alimentation, la reproduction, le sommeil, le besoin de vivre en groupe, de se reproduire.

Nos pensées et nos actes sont le fruit d’un vote entre ces trois cerveaux. Pour encore simplifier, on peut réduire ce nombre à 2 : le cortex et le neo-cortex unis contre le petit cerveau reptilien.

Le reptilien contre le cortex

Minus vs Cortex

Les hormones du plaisir

Petit mais costaud le cerveau reptilien ! Cette petite boule a le quasi monopole des neurones qui utilisent la dopamine et l’endorphine (cf Ces dépendances qui nous gouvernent : Comment s’en libérer ? de William Lowenstein, Dominique Rouch).

La dopamine régit les émotions, l’estime de soi, la motivation, les récompenses, et plein d’autres choses sympa !

L’endorphine, quant à elle, est l’hormone du plaisir et du bien-être par excellence. C’est elle qui est libérée suite à un orgasme, à une activité physique intense. Elle agit comme une morphine naturelle (d’où son nom en « phine » d’ailleurs).

La dépendance au sexe joue de ces hormones mais d’une manière différente de la dépendance aux opiacés ou autre drogue avec produit. Beaucoup de drogues avec produit viennent en effet prendre leur place et saturer les neuro-transmetteurs associés. La dépendance au sexe et à la pornographie consiste, elle, à rechercher la production toujours plus importante de ces hormones que demande le cerveau reptilien.

Le cerveau reptilien prend le dessusAlors le cerveau est accro aux hormones que sont l’endorphine et la dopamine. Et comme le minus cerveau reptilien peut faire abstraction de toute raison pour agir, c’est quand il prend le dessus durablement sur le cortex que la dépendance commence.

J’explique dans un prochain billet en quoi tout cela est particulièrement intéressant et peut nous aider à sortir de la dépendance.


Photos © Tom Ruegger

Partage, de près ou de loin tous sont concernés !
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