L’addiction au sexe

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L’addiction sexuelle est-elle une véritable maladie ? L’objectif de cette page est de vous fournir des informations utiles sur l’addiction au sexe (ou hypersexualité) : quels en sont les symptômes, comment elle affecte le quotidien et quels sont les traitements adaptés.

Table des matières

    1. Définition
    2. Le test
    3. Les formes d’addiction
      1. Addiction à la masturbation
      2. Addiction aux rapports sexuels
      3. Paraphilies et délits
    4. Les causes
    5. Les conséquences physiques et psys
    6. Une excuse aux comportement déviants ?

C’est quoi l’addiction au sexe ?

En préambule, il faut d’abord noter que la sexualité est une composante importante saine et normale de la vie des individus. Une personne addict au sexe a des difficultés à contrôler ses pulsions sexuelles et développe une relation pathologique avec le sexe. Il ne faut pas confondre addiction au sexe et addiction à la pornographie.

Les activités sexuelles excessives ont été documentées par la psychiatrie occidentale depuis le 18e siècle sous le nom de donjuanisme, nymphomanie pour les femmes, satyriasie pour les hommes, addiction sexuelle et hypersexualité.

Tous ces termes se réfèrent à des comportements sexuels excessifs sans contrôle ni limite.

La version préliminaire de la Classification Internationale des Maladies (CIM 11) publiée par l’OMS décrit « des comportements sexuels compulsifs » comme des « troubles du contrôle des impulsions » :

Le trouble sexuel compulsif est caractérisé par une impossibilité durable de contrôler des pulsions sexuelles intenses et répétées résultants de pratiques sexuelles répétées.

Les symptômes peuvent inclurent : des activités sexuelles répétées qui deviennent le centre de l’attention de la personne au point de négliger sa santé et ses autres intérêts, activités et responsabilités ; de nombreuses tentatives de réduire ces activités sexuelles ; ou encore des activités sexuelles nombreuses et répétées malgré les conséquences néfastes et l’insatisfaction qu’elles procurent.

Ces critères se manifestent sur une longue durée (au moins 6 mois). La détresse psychologique liée aux jugements moraux et à la désapprobation des pulsions ou des comportements sexuels ne suffisent pas à remplir lesdits critères.
#6C72 de la Classification Internationale des Maladies n°11.

Il ressort des consultations des psychiatres 3 principaux symptômes de ce que l’on appelle communément l’addiction au sexe (ces 3 symptômes peuvent se cumuler) :

  • la masturbation compulsive (10-15 fois/jour),
  • le changement incessant de partenaires sexuels,
  • la consommation effrénée de pornographie.

La vidéo suivante résume en 6:30 ce qu’est l’addiction sexuelle :

Savoir si l’on est addict & questionnaire de Carne

Ceux qui se retrouvent piégés par l’addiction sont en général dans le déni. Les personnes touchées par ce désordre comportemental se disent “addictes à l’amour” plutôt qu’addictes au sexe. C’est plus léger et moins connoté…

Pourtant oui : on doit parler d’addiction au sexe lorsqu’une personne :

  • a plus de rapports ou de partenaires sexuels que prévu malgré les conséquences néfastes sur elle et son entourage (rupture amoureuse, risque pour sa santé…)
  • est fréquemment préoccupée par la recherche de sexe, aimerait réduire son activité sexuelle sans y parvenir,
  • pense au sexe et pratique des activités sexuelles au détriment de ses autres activités (familiales, professionnelles…),
  • passe un temps considérable dans des activités liées à la sexualité comme la recherche de partenaires sexuels, la visite de sites pornos pendant des heures, des jours et des nuits,
  • est irritable quand elle ne parvient pas à pratiquer l’activité sexuelle recherchée.

Nombreux sont les faits divers ou les célébrités qui illustrent cette notion : Tiger Woods, Colin Farrell, Kanye West

Il existe un questionnaire mis au point par le docteur Patrick Carnes, conseiller d’éducation aux États-Unis.

Cet homme a publié en 1983 le livre Out of the Shadows: Understanding Sexual Addiction (1983). C’est lui qui a généralisé la notion de dépendance sexuelle.

Vous pouvez retrouver ce test sur le site d’Addict’aide.

Différentes formes d’addictions au sexe

De fait, l’addiction au sexe peut prendre plusieurs formes : l’addiction à la masturbation, les rapports sexuels compulsifs et à risques, les paraphilies et les délits.

L’addiction à la masturbation

La masturbation compulsive se double souvent d’une addiction à la pornographie et au cybersex. La personne concernée par l’addiction à la masturbation ne peut s’arrêter de se faire jouir manuellement tous les jours plusieurs fois par jour.

Se branler 5 fois par jour en matant du porno c’est se mettre toute la journée dans un schéma de violence, et de négation de l’autre, de la relation à l’autre.
« Oulah, j’ai bien travaillé ce soir… » Tu parles ! Branlette, branlette, branlette, le sexe a toujours dominé ma vie.
Laurent – 5 mois de sevrage à la masturbation

Les rapports sexuels compulsifs et à risques

L’addiction au sexe conduit le plus souvent à multiplier à outrance « les conquêtes » en vue d’avoir des rapports sexuels. S’en suit de cette multiplication des partenaires sexuels un épuisement et une perte de sens dans la relation.

Plus rien d’autre n’a d’importance que d’assouvir ses fantasmes, ses pulsions avec des inconnus. Au début, la séduction intensive, s’en suit du sexe avec des anonymes puis des rapports non protégés à risque.

L’échangisme (ou libertinage) sont des manière de couvrir une addiction au sexe. Rares sont ceux qui pratiquent quaddiction-masturbation à arrêter de fréquenter des clubs libertins !

La personne dépendante au sexe peut aussi avoir envie de tarifer ses rapports (se prostituer) ou au contraire de faire appel régulièrement à des escorts (prostituées) pour assouvir son craving.

Paraphilies, délits et crimes

Aussi terrible que cela puisse paraître, l’addiction au sexe peut déboucher dans les cas les plus graves sur des troubles mentaux que l’on appelle dans le jargon des « troubles paraphiliques » (du latin para : « à côté de » et philos : « amour »).

Les paraphilies, ce sont des fantasmes ou des comportements sexuels intenses, fréquents et qui portent sur des objets inanimés, des enfants ou des adultes non consentants ou qui impliquent la souffrance ou l’humiliation de soi-même ou de son partenaire.

Oui, ce n’est pas glorieux.

Le paraphile peut être attiré par l’exhibitionisme, le voyeurisme, le frotteurisme, le scatologisme, les agressions sexuelles, les viols ou la pédophilie. Bref, par des délits, voire des crimes. En témoigne la campagne #MeToo qui a émergé dans le monde suite à l’affaire Weinstein.

addiction sexe lit

Quelles sont les causes de cette addiction ?

La compréhension du phénomène n’est pas encore très fine et est source de nombreuses études.

L’addiction sexuelle empêche les personnes qui en souffrent de contrôler leur comportement sexuel. Ce qui se passe exactement n’est pas encore tout à fait clair.

Des expériences traumatiques comme des abus sexuels peuvent avoir eu lieu pendant l’enfance.

Une addiction à la pornographie peut dévier doucement vers l’addiction au sexe.

Des causes génétiques peuvent être présentes (dérèglement émotionnel, impulsivité, prédisposition à l’anxiété ou à la dépression par exemple).

Des taux élevés d’hormones sexuelles (testostérone, oestrogènes) peuvent affecter la libido.

Des facteurs environnementaux peuvent jouer à plein. C’est le cas du rejet social qui peut favoriser la recherche de reconnaissance dans la sexualité. Le fait de s’identifier à des acteurs de films porno ou à des amis échangistes a pour conséquence l’engagement dans des activités sexuelles répétées susceptibles de faire perdre peu à peu le contrôle.

Quelles sont les conséquences physiques et psychologiques de l’addiction au sexe ?

Les conséquences d’une telle pathologie sont bien sûr négatives pour la personne et son entourage, dans le désordre et non exhaustivement :

  • Infections sexuellement transmissibles (IST),
  • Maladies sexuellement transmissibles (MST),
  • Blessures péniennes ou clitoridiennes,
  • Diminution de la concentration et de l’efficacité au travail,
  • Dégradations des relations sociales et familiales,
  • Infidélité,
  • Anxiété,
  • Dépression,
  • Développement d’addictions parallèles (alcool, cocaïne, héroïne, MDMA…),
  • Tentative de suicide.

addiction sexuelle

Comment se guérir d’une addiction au sexe ?

Que ce soit vous ou bien la personne que vous aimez qui souffre d’addiction au sexe, vous vous sentez certainement aliéné, isolé, déprimé ou humilié. Vous pouvez avoir besoin d’un suivi psychologique.

Ne restez pas seul : consultez un spécialiste ou un groupe de parole pour ne pas sombrer vous aussi.

Les programmes de traitement de la dépendance au sexe comme ceux des DASA suivent un modèle de rétablissement en 12 étapes similaires à celui des Alcooliques Anonymes.

Quelques questions à se poser en thérapie (individuelle ou collective) :

  • Est-ce que je prends du plaisir ?
  • Est-ce que je souffre ?
  • Comment savoir si je souffre ?
  • Ne suis-je pas en train de me mentir ?
  • Est-ce que je répète un schéma qui me dépasse ?

Une excuse aux comportements déviants ?

Certains accros au sexe essaient de transformer cette pathologie en circonstance atténuante pour justifier leur comportement pénalement condamnable (abus sexuels, agressions sexuelles par exemple).

Ce mésusage de la sexualité est certainement galvaudé car tellement répandu dans des mesures diverses. Ce n’est pas une maladie figée. C’est une atteinte comportementale qui peut évoluer vers d’autres troubles : paraphilie, déviance, délit pénal, etc.

Plus la personne est traitée tôt et plus elle a de chances de pouvoir s’en sortir.

Pour aller plus loin :

Le livre Avant j’étais accro au porno présente la méthode que j’ai mise en place pour sortir de l’addiction au X. Les méthodes appliquées peuvent se transposer à l’addiction au sexe réel.

Addiction au porno : comment s'en sortir

Voir aussi :
La souffrance des conjoint(e)sLes raisons d’arrêter le pornoBloquer le porno sur son téléphone

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