Comment je suis devenu accro au porno

Je m’appelle Florent, j’ai découvert la masturbation à 11 ans. Ça m’a plu, c’était cool. Rapidement, le porno a fait son apparition dans ma vie, enregistré en VHS derrière un Walt Disney sur Canal. C’était la honte pour moi, c’était choquant. Mais un tel cocktail de sensation se déversait depuis mon bas ventre que j’avais mes petits moyens pour trouver de quoi me soulager (des trucs comme on en voit dans American Pie). Comme tant d’hommes en fait.

J’étais souvent seul à la maison avec l’ordi.

Quand mes parents s’en sont rendu compte, ils m’ont dit que c’était normal mais qu’il valait mieux ne pas regarder des images comme ça et en rester à la masturbation. “OK papa, OK maman, merci.” Pas facile pour des parents de parler d’un tel sujet avec un enfant… Mais je crois pourtant qu’il faut très tôt parler des choses pour s’exercer au dialogue.

Ensuite le départ de la maison n’a pas arrangé les choses. Il y a 10 ans, en prépa, j’avais un lecteur infrarouge sur mon ordi. Ça suffisait pour se connecter en WAP sur des sites d’histoires érotiques en plus des images enregistrées dessus les week-end. Mais maintenant, tout est tellement plus facile et accessible. J’ose à peine imaginer ce qui peut circuler dans les cours de primaire et de collège. Certainement pas le Playboy de papa.

Ensuite, en école, le réseau était rempli de films X et l’ordi en permanence connecté dans ma chambre. Open Bar. Même chose ensuite lors de mon entrée dans la vie active.

“Le porno nous prend pour des cons”

Je me rendais bien compte que le porno nous prenait pour des cons. Les femmes qui bêlent devant une caméra, les faux plombiers qui viennent ramoner la voisine, les amateurs qui ont tout de l’acteur : tout ça est aux hommes ce que le packaging des céréales est aux enfants et Candy Crush aux utilisateurs de smartphones. Je ne voulais pas être de ceux qui sont menés par leur braguette. J’ai tout essayé, le sport, les douches froides, un mot de passe du style “regarderdupornotuedeschatons”. Mais rien n’y faisait, je passais toujours des soirées entières à looser devant tout ça à en avoir mal au sexe et plusieurs fois par jour aux toilettes du boulot avec mon téléphone ! Et une vie sexuelle active en couple n’y changeait rien non plus contrairement à ce que je croyais ado.

Ensuite, une femme (ma femme maintenant) m’a aidé. Je lui en ai parlé, elle m’a compris et écouté. Elle m’a vue harassé de ces luttes contre moi-même. Nous avons donc supprimé Internet chez nous pendant quelques mois. Puis nous l’avons repris avec un mot de passe sur l’ordinateur. C’est un bon filtre mais ça se contourne plus ou moins facilement. Là, ça a été le clash. Elle s’en sentie trompée par le fait que je contourne volontairement les protections que je m’étais mise avec elle. La volonté est tellement faible face aux sirènes du sexe.

Comment j’ai tout à fait arrêté

Le déclic est venu d’un truc incroyable : un régime. Je voulais accompagner ma femme qui en faisait un suite à son accouchement. Ce régime bien connu des “observateurs du poids” me centrait sur une performance de perte de kilos, associée à une alimentation super équilibrée. J’ai retrouvé confiance en moi, acheté des vêtements plus cools que ceux que j’avais, perdu ma brioche, refais du sport sans forcer mais de manière raisonnée et pas juste pour me dépenser.

Le contrôle parental était toujours activé bien sûr. Le porno s’est alors arrêté quasiment tout seul. Bien sûr, ça a été progressif, j’ai replongé de temps en temps. Si je fais le bilan, depuis deux ans (à part quelques mois de rechute l’année dernière) je ne consomme plus de porno, je ne me masturbe plus ! Et nous avons enlevé le contrôle parental de l’ordinateur (mais je préfère toujours ne pas avoir accès au navigateur du smartphone).

Chez moi, j’ai pu constaté que la masturbation appelle le porno, qui appelait la masturbation compulsive qui me faisait perdre le contrôle.

J’ai retrouvé ma liberté, la vraie.


Source de l’image, CC BY

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