Je m’appelle Burrhus (c’est mon pseudonyme sur le forum dépendance-sexuelle.com). Je suis un homme de 50 ans, marié et fidèle depuis 17 ans, j’ai trois jeunes enfants.

Ma jeunesse : violé, ancien acteur porno gay et prostitué

J’ai été violé à 14 ans par un SDF.  Pour m’en sortir, j’ai pris le parti de l’agresseur, et je me suis défini comme homo. Je me suis imaginé mon identité d’adulte sur cette base, mais j’ai développé une psychologie de silence et de solitude, qui est passée par une phase de très grande dépression avec le désir très fort de suicide à 17 ans. Ensuite, j’ai fait une forme de suicide sexuel. À 18 ans, je me suis prostitué et j’ai tourné dans des films porno gay jusqu’à 21 ans. Comme j’avais l’air très jeune, je faisais moins que mon âge, par ces films j’ai clairement contribué à répandre le délit de la pédophilie.

Ma conversion religieuse

Ensuite à 21 ans, j’ai quitté la famille homo pour une autre famille : l’Église catholique. Mais je n’y ai pas beaucoup communiqué, c’était il y a 30 ans les mentalités ont commencé à changer depuis. J’ai donc gardé ma psychologie de silencieux solitaire. J’ai vécu sans relation sexuelle pendant douze ans, j’ai eu des hauts et des bas, mais très peu de pornographie. J’ai eu quelques bons amis avec qui j’ai pu parler autrement que dans le mensonge (qui était le fond de commerce de ma vie d’avant). Je n’ai plus eu de contact avec le milieu gay, c’était une volonté pour avancer, c’était nécessaire pour moi. Par ailleurs, j’avais et j’ai encore une vie de prière importante.

Mon mariage et le début de l’addiction

De 30 à 32 ans j’ai été postulant pour être moine, j’ai donc été cloîtré ces deux années, ce fut deux années où je ne me suis pas masturbé du tout. La bonté des frères répondaient sainement à un manque affectif maladif chez moi. Je suis finalement sorti et j’ai épousé une femme qui est une personne affectivement et sexuellement blessée aussi. Elle a été violée, dans son adolescence. Dès le début du mariage, il s’est déverrouillé en moi toute les sécurités qui m’avaient permis de vivre l’abstinence de façon paisible. Toutes mes pulsions sexuelles ont été sollicitées d’un coup. Un grand désordre a fait surface en moi, qui devait être une réponse à un grand désordre en face : ma femme avait à se reconstruire dans sa féminité. L’idée de l’homme qu’elle avait de moi était si idéalisée que c’était ingérable pour moi, et l’addiction à la pornographie a commencé à ce moment là.

Ma dépendance

Cela a donc commencé il y a 17 ans. J’ai visionné du porno à une fréquence variable pouvant être quotidienne, je regardais du porno gay essentiellement, recherchant une identité masculine. Comme je ne regardais que peu de porno hétéro, j’avais le sentiment de ne pas atteindre la dignité de ma femme, de ne pas vraiment la tromper. J’étais toujours à la recherche de ma fêlure personnelle, comme si ce genres d’images pouvaient m’aider à la comprendre. J’avais tout faux, ces d’images m’enfermaient seulement dans la cage de mon traumatisme et m’y maintenait par une illusion de plaisir. J’entretenais un circuit fermé avec moi-même, je ne communiquais pas, et n’allais pas vers elle. Ça a beaucoup ébranlé mon couple, je lui manquais de disponibilité. Et puis, l’éjaculation précoce s’est installée et a compliqué et espacé encore plus les relations. Nous avons fini par ne plus en avoir, et faire chambre à part. La violence entre nous s’est installée, elle me battait. Nous sommes suivis en couple par un psy depuis sept ans, cela a permis de mettre un terme à ses violences sur moi. La paix est revenue à la maison. Cependant, on ne parle pas de sexe devant le psy, ma femme ne peut parler de ça avec aucun tiers.

Mes motivations, mon évolution

Après avoir diagnostiqué que j’étais addict, je me suis mis en lutte, où plutôt c’est la lutte vaine qui m’a fait comprendre que j’étais addict. J’ai décidé de tuer le porno dans ma vie, et d’être inventif dans ce combat. L’argument le plus important est que j’étais esclave de quelque chose qui m’humiliait. Ça je ne pouvais l’admettre. Comme cela n’avais pas toujours existé, je me disais aussi que je pouvais vivre sans. J’ai vu alors l’arrivée de cette addiction comme une étape de ma croissance. Je la vois encore comme cela. C’est comme un aimant qui me retient de grandir, mais ce n’est qu’un pallier aussi, ce n’est pas tout, ce n’est pas pour toujours, je ne suis pas réductible à cela, même si j’ai à gérer quelque chose qui quelquefois est plus fort que moi. J’ai mon combat à mener, mais un homme ne construit-il pas sa virilité dans le combat ? Je vois dans cette addiction, les conséquences d’une immaturité dans ma croissance, plus qu’une définition de mes tares. Le combat a eu des batailles et les victoires sont progressives, et toujours définitives malgré les apparentes défaites. Aujourd’hui, j’ai chuté deux fois avec du porno en six mois. Mais surtout, la sève de la vie est revenue en mon corps, et autrui est redevenu un sujet d’étonnement et de joie. Le boulot n’est pas fini cependant. J’ai aussi comme motivation très gratifiante pour moi, de conquérir ma femme, et de lui donner du plaisir, elle qui ne l’a jamais connu. Ma femme, c’est vraiment la motivation : j’ai envie de la caresser, elle qui m’aime mais qui ne le supporte pas. Je sens dans tout mon corps le désir d’épouser un autre corps : le sien. À 50 ans, je n’ai pas envie de mourir avant d’avoir fait vivre à ma femme les joies de l’amour comblant. Là est MA motivation.

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